Extraits de lettres d'André Caplet à Lucien Durosoir
(Au cours de permissions ou après guerre)

Août 1917

Mon cher Durosoir, je suis au Havre, près de ma brave femme de mère, attendant très patiemment que les idées musicales veuillent bien se faire prendre dans les filets que j'ai tendus…..Je suis les communiqués avec une véritable angoisse sachant trop ce que représente l'annonce indolente et presque indifférente d'un " violent bombardement " sur le secteur où je vous sais en action. Je voudrais vous savoir tous sortis de là. ……

Mars 1918

Mon cher petit vieux Durosoir,
……Je suis désolé de ne pas être avec vous en cette période d'agitation, non pour courir sus au danger, mais bien pour vous tenir compagnie. …………Je pense intensément à vous . Egoïstement pour ma tranquillité, je voudrais vous savoir à l'abri !

Juin 1918

Mon cher Durosoir,
Dans la précipitation de mon départ et le changement d'uniforme j'ai dû oublier ou laisser tomber mon portefeuille. L'avez vous trouvé ?…La campagne normande me semble encore plus belle qu'elle ne l'a jamais été à mes yeux ! Je suis complètement heureux. ……Mais je ne voudrais pas que cette expression de bonheur éveille en vous un sentiment de tristesse…Au contraire je voudrais qu'il vous parvienne comme un reflet de la joie très profonde, très douce que j'éprouve en ce moment.

Novembre 1918

Mon cher ami, vous ne pouvez le déplorer plus que je ne le regrette moi-même de ne pas être avec vous en ces heures de sublime allégresse. Je ne verse pas de larmes et cependant il y a quelque chose qui pleure en moi. Vous le comprenez, n'est-ce pas et je n'ai pas besoin d'insister………

Janvier 1919

……….j'essaie de me consoler en pensant que d'ici un mois, nous n'aurons plus ni l'un ni l'autre à compter avec le régime militaire pour régler nos entrevues et disposer des heures qu'il nous plaira de consacrer à Dame musique. Cette perspective n'est-t-elle pas souriante ?……Je songe à notre regroupement..(Magne, Maréchal, Mayer, Lemoine, Cloëz, vous et moi) . il faut absolument que nous nous rassemblions - au moins une fois- dès que nous le pourrons. Devons-nous attendre jusqu'à la démobilisation des plus jeunes ? Quand sera-ce ?….

Juin 1919

…………mariage à Chaville (4 juin 1919 : date mémorable !..) Nous sommes installés pour quelques mois et beaucoup davantage peut être, dans un coin délicieux de ma bonne Normandie. C'est la " plénitude du Bonheur "……….

1921

Vite un mot mon cher ami, pour vous dire que votre précieux manuscrit est entre mes mains. Entre mes mains est une façon de parler, car je n'ose y toucher tant son immaculée blancheur m'impressionne. J'envie votre facilité de travail. Il y a une telle jeunesse, une telle fougue dans ce que vous faites……………

 

 
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