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Informations de dernière minute:

Se profilent à l'horizon les manifestations qui commémoreront le centenaire du début de la Grande Guerre.

L'association « Musiciens entre Guerre et Paix » www.megep.net, a été créée en 2003 pour valoriser le patrimoine littéraire et artistique laissé notamment par trois artistes qui avaient vécu ensemble la presque totalité de la Grande Guerre: André Caplet, Lucien Durosoir, Maurice Maréchal.

Pour s'associer à ce mouvement commémoratif, notre association a décidé de soutenir financièrement des initiatives individuelles ou associatives (concerts, conférences, spectacles vivants) qui viseront à faire découvrir l'œuvre de Lucien Durosoir et/ou André Caplet lors de concerts organisés en 2013 et 2014.
Dossier de demande de dons et conditions d'éligibilité peuvent être obtenus en s'adressant au président de l'association Megep par courriel:
durosoir.megep@wanadoo.fr.

Un nouvel enregistrement d'une oeuvre de Lucien Durosoir: Aube sonate pour piano

 

4ème album des oeuvres de Lucien Durosoir

Alpha 175

http://classiqueinfo-disque.com/Durosoir-barde-et-mage-un.html

Durosoir, barde et mage : un étonnement sans bornes
lundi 2 mai 2011 par Fred Audin

Voici, émanant du même label Alpha que les trois volumes précédents, la nouvelle révélation de la musique de Lucien Durosoir, collection d'œuvres, toutes inédites, exigeantes tant pour les interprètes que pour l'auditeur, mais toujours aussi gratifiantes si l'on s'y penche suffisamment pour en pénétrer la mystérieuse étrangeté et la radicale originalité : il s'agit cette fois des deux œuvres vocales achevées du compositeur solitaire, d'un duo pour violoncelle et piano, d'un trio et d'un quatuor à vents, certaines des pièces adoptant un dispositif si singulier qu'il pourrait bien être unique dans toute l'histoire de la musique.

C'est le cas du poème symphonique avec basse solo, Le Balcon qui donne son titre au volume, mise en musique du poème de Baudelaire déjà employé par Debussy, mais qui dépasse le cadre de la mélodie classique, par son ampleur comme par l'emploi qu'il fait des « cordes vocales », voix de femmes sans paroles s'unissant aux cordes instrumentales d'un quatuor augmenté d' une contrebasse. On ne voit guère en musique de chambre que trois autres œuvres faisant usage explicitement de « cordes vocales », et surtout le Septuor de 1909 d'André Caplet qui requiert également trois voix féminine et dont Durosoir se souvient sans doute puisqu'il forma durant la guerre un quatuor d'occasion avec Maurice Maréchal et Caplet. Ici les trois pupitres de voix féminines par trois (l'ensemble Sequenza 9.3) contrebalancent la voix principale de basse à laquelle est dévolu le texte, se manifestant par des interventions assez brèves qui délimitent les strophes ou soulignent d'ornements à la manière des madrigalistes, quelques mots choisis du poème. Mais cet instrumentum n'est pas le seul élément d'étrangeté dans la pièce : les fragments tonals sont accompagnés d'harmonies toujours à la limite de la tonalité, dont on serait bien en peine de trouver en 1924 l'équivalent dans la musique française. La prosodie, proche par moments du sprechgesang, est aussi d'une complète originalité, par la façon de démembrer le texte entre des soupirs haletant tout en conservant l'unité strophique que soulignent les répétitions du vers initial de chaque section. Les rythmes internes connaissent aussi un traitement inédit, le tempo s'alanguissant progressivement à mesure que la voix de basse soutenue par des soli de cordes inattendus atteint des notes dans l'aigu, étirant la dernière strophe sur soixante mesures tout en ramenant l'anguleux thème initial, puis quand elle replonge dans le grave environnée d'harmoniques de cordes qui s'éteignent seules en un postlude où ne demeure qu'un battement de secondes. Tout cela est si étonnant, à la fois extatique et angoissé, qu'il faudra certainement des écoutes répétées pour s'y accoutumer : il apparaît de plus en plus certain, que dans une sûreté de facture complètement indépendante des réactions d'un public potentiel, Durosoir n'a jamais écrit deux fois la même chose, envisageant l'évolution de la musique avec un tel détachement du temps de sa composition que son traitement des structures et des textures paraît relever parfois de la divination. Aujourd'hui encore, le suivre est un exercice dans lequel seul des spécialistes tels que le Quatuor Diotima (révélation du premier disque Durosoir) étaient susceptible de se lancer.

Dans Idylle (titre qui fait résonner le souvenir du Chabrier des Pièces Pittoresques), Durosoir voulait-il vraiment illustrer le poème de Chénier que Georgie Durosoir cite en exergue dans la notice ? Chénier, cet autre visionnaire resté un demi-siècle dans les tiroirs avant que son aura n'illumine toute la poésie romantique ? Ce quatuor pour flûte, clarinette, cor et basson mélange la vision d'un tableau statique de nature morte et de multiples petites cellules explosives telles des capsules de graines dispersées au soleil (le motif répété sautant d'un intervalle de septième, les sextuolets de doubles croches, les trilles apparaissant aux moments les plus incongrus). La conception n'est plus impressionniste, elle rappelle celle des compositions géométriques abstraites et incroyablement colorées de Kandinsky où des formes organiques sont clairement identifiables sans qu'on les reconnaisse. Musicalement l'outil de comparaison le plus efficace (quoiqu'il adopte une structure plus resserrée) serait peut-être le Quintette à vents de Nielsen.

Le Trio, basé sur une répétition obsessionnelle d'un motif d'accompagnement énoncé au piano exerce la même fascination irréductible à l'analyse avec ses mélodies disloquées disposées en kaléidoscope, comme une sorte de pantoum entêtant. Le violoncelle, à qui sont réclamés dans le premier mouvement des cris stridents d'accords plaqués est appelé à se fondre avec le violon (les deux instruments à cordes échangeant parfois leur registre et leur rôle) dans un mouvement lent parcouru d'éclats presto intempestifs, qui arrêtent cette dérive de nuages estivaux par de soudains éclairs d'orage, prenant des détours par des tonalités dont les rapports échappent à toute attente. La dilution n'est jamais floue, plutôt divisionniste par un système de juxtaposition de plans d'une netteté tranchante dans une métrique constamment mouvante. Le finale est un précipité de traits virtuoses, comme une superposition d'improvisations à la limite du jazz, usant de moyens d'expression complètement inédits et qui ne se plient que par accident à des règles préétablies, délivrant ça et là une phrase romantique rapidement estompée, comme biffée par les inflorescences d'un jet d'encre fantasque. Le Trio Hoboken (dont on retrouve deux des membres dans la Berceuse transcrite des Aquarelles, qui porte la durée du disque à près de 80 minutes) est brillant par la lisibilité et l'enthousiasme qu'ils réussissent à introduire dans cette partition d'une difficulté redoutable.

Mais c'est à un autre violoncelliste de talent, Raphaël Merlin, qu'échoit la tâche complexe d'enregistrer la Trilogie (Improvisation, Maïade, Divertissement) dont le dédicataire, Maurice Maréchal, pourtant l'un des grands virtuoses de son temps, plaisanta le titre de la partie conclusive (« Vous ne manquez pas d'ironie d'appeler ça Divertissement… Bon Dieu ! que c'est difficile ! »), soulignant que l'agrément n'est que pour l'auditeur, qui y trouvera peut-être une ligne plus immédiatement compréhensible, la facture rappelant Franck dans le mouvement médian, et comprenant des mélodies suaves aux allures parfois curieusement orientales pour une pièce inspirée par les Landes.

Tout aussi dépaysante, la courte mélodie Sonnet à un enfant rejoint la mystérieuse complexité du Balcon, cherchant à se frayer un chemin vers la « flamme orientale de l'aurore » à travers la sombre tonalité de si bémol mineur et les hésitations de son piano scriabinien qui soutient une ligne vocale sinueuse de prière védique. On ne peut même pas se risquer à affirmer que ce soit beau : c'est juste unique. Cette musique existe en soi, pour soi, et se fiche absolument de ce qu'on en pense. Un autre monde, là, à moins d'un jet de pierre, qui ne vous invite même pas à y risquer un pied : Fais ce que voudras.

 

1 Le Balcon (Poème symphonique pour Basse solo, Cordes vocales et Cordes instrumentales) (1924) Ensemble Sequenza 9.3 Catherine Simonpiétri direction Jean-Christophe Jacques basse solo Kareen Durand, Claudine Margely, Hélène Richer sopranos 1 Sylvie Kolb, Virgine Lefebvre, Andreea Soare sopranos 2 Irina De Baghy, Françoise Faidherbe, Thi Lien Tuong altos Quatuor Diotima Naaman Sluchin, Yun-Peng Zhao violons Franck Chevalier alto Pierre Morlet violoncelle Yann Dubost contrebasse
2 Sonnet à un enfant, pour soprano et piano (1930) Kareen Durand soprano Jeff Cohen piano
3 Idylle, pour quatuor d’instruments à vent (1925) Quintette Aquilon Sabine Raynaud flûte Stéphanie Corre clarinette Marianne Tilquin cor Gaëlle Habert basson
4 Trilogie : Improvisation, Maïade, Divertissement, pour violoncelle et piano (1931) Raphaël Merlin violoncelle Johan Farjot piano
5 Trio en si mineur, pour piano, violon et violoncelle (1926-1927) Trio Hoboken Saskia Lethiec violon Éric Picard violoncelle Jérôme Granjon piano
6 Berceuse, pour violoncelle et piano Éric Picard violoncelle Jérôme Granjon piano

 

le 3ème album des oeuvres de Lucien Durosoir

Alpha 164 devant ses juges

Durosoir, jardinier d’un reposoir pour l’âme
Vendredi 8 octobre 2010 par Fred Audin

La sortie du troisième disque consacré à la musique de chambre de Lucien Durosoir ne fait que confirmer avec plus d’éclat encore qu’il s’agit d’une des découvertes les plus importantes de ce début de siècle, tout juste 55 ans après la mort de l’auteur. Sans son fils Luc, sa belle-fille, Georgie, auteur du livret et d’articles remarquables sur les musiciens dans la Grande guerre, sans les éditions Symétries qui en ont publié les partitions et les instrumentistes sollicités par le label Alpha décidément incontournable même en dehors de la musique ancienne, il ne resterait rien de Lucien Durosoir, qui, virtuose célébré du violon, n’a pas été enregistré avant 1914, date qui mit fin à sa carrière d’interprète.

La musique que composa Durosoir ne ressemble à rien d’autre de ce qui s’écrivit entre 1920 et 1950, en France ou ailleurs, et toutes les comparaisons ne sauraient en donner qu’une idée lointaine. De là la difficulté qu’on peut éprouver à la saisir, même si elle ne présente pas de difficulté d’accès. Sa singularité, l’absence de désir de séduire et le choix volontaire de l’obscurité que fit Durosoir après une carrière brillante au service de musiques inconnues (qu’il révéla aux futurs acteurs du conflit majeur du XXème siècle, concertos de Brahms, Richard Strauss ignorés des français, musique de chambre française méprisée par l’Allemagne) rendent particulièrement émouvantes son aspiration à composer dans le silence et pour le tiroir, comme la mise en acte d’un projet philosophique, une réflexion sur la condition humaine, dans une réclusion d’ermite, dégagée de toute référence à une dimension religieuse ou politique, manifestions sociales d’avance condamnées par la confrontation à la réalité des expériences de guerre.

On a pu lire par ailleurs que la musique de Durosoir semblait imprégnée d’une éternelle grisaille et d’un désespoir ironique : on entendra ici que c’est loin d’être toujours le cas, et si l’écoute du Quatuor n°3 n’a pas suffi à convaincre de la nécessité de jouer cette musique, il faut au moins prendre connaissance du Nonette Jouvence, qui est, sans l’ombre d’un doute, une pièce majeure de la musique française du siècle dernier, dans un dispositif que nul autre compositeur n’a utilisé (quatuor à cordes, contrebasse, harpe, cor, flûte et violon principal). Cette symphonie de chambre à la tonalité fluctuante évolue, malgré une marche funèbre s’enchaînant au final, dans un mode majoritairement majeur : le poème des Conquérants d’Hérédia auquel elle se réfère ne saurait faire programme et n’explique que l’ambiance maritime et la tardive allusion au registre héroïque du cor, la citation du texte ne venant qu’appuyer l’idée d’une thématique de l’illusion, le symbole de la « rejuvénation » étant, comme l’horizon, une ligne idéale qui s’éloigne à mesure qu’on en approche. L’orchestration, vaste et claire, les mélodies modales trahissent l’influence de Caplet, tout en évoquant les couleurs de Jean Cras et parfois d’Ibert, dans l’idée de voyage cinématographique qui s’empare soudain de la coda surprenante du premier mouvement. L’Aria centrale où le violon assume plus directement son rôle « principal » flirte avec l’atonalité. On croirait parfois dans le dernier mouvement que le Soldat de Stravinsky ou l’expressionisme de Schönberg ont été mis consciemment à contribution, à moins que ce ne soit le souvenir des Clairières dans le ciel de Lili Boulanger qui traverse ces pages, aussi osées que certains Paysages et marines de Koechlin, et dont l’orientation est plus contemplative que narrative, comme l’épigraphe postérieurement ajoutée de Verlaine le donne à croire : « La vie humble aux travaux ennuyeux et facile / Est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour ».

Malgré la dédicace « A Maurice Maréchal, en souvenir de Génicourt (hiver 1916-1917) » et le fait qu’elle fut créée en privé à l’Hôtel Majestic, on n’est ni dans l’atmosphère du salon, ni des hangars ouverts à tout vent où répétait le trio Durosoir-Caplet-Maréchal [1], mais plutôt au jardin dans ce Caprice pour violoncelle et harpe à l’ambiance printanière et ensoleillée. La grande phrase lyrique pour le violoncelle qui commence seul, s’évadant dans l’aigu, enchaîne sur un développement d’une grande liberté, d’une gaieté paisible et presque sans ombre, qui contraste avec l’inquiétude des pièces de 1934, Berceuse (plus tard dénommée « funèbre » par Durosoir après qu’il la réécrivit sous forme de Chant élégiaque à la mémoire de Ginette Neveu), Au vent des Landes, pour flûte et piano, paysage instable où souffle à nouveau « le vent mauvais qui m’emporte », que l’invocation de Vitrail pour alto écrit dans la demeure familiale des Landes où Durosoir avait définitivement élu domicile, ne suffit pas à éloigner. La mort de sa mère, depuis longtemps infirme, et la rumeur du monde où le tragique enchaînement de la haine recommence à grandir sont-elles étrangères à ces élans de révolte devant l’inéluctable ? Le silence leur succède et Durosoir ne reprendra la plume qu’en 1946, écrivant après Trois préludes pour orgue, l’Incantation bouddhique pour cor anglais et piano, quatre minutes d’un mantra fantasmé où des suites d’accords et d’arpèges tournent en rond comme dans les Poèmes Hindous de Maurice Delage, sans trouver la certitude d’une libération ailleurs que dans une constante recherche.

Deuxième œuvre exceptionnelle de ce disque, le Quintette pour piano et cordes date des années 1924-1925. Pendant quelques minutes c’est un quatuor, avant que le piano ne reprenne discrètement la phrase d’ouverture sur fond de pizzicati des cordes, multipliant les tempi changeants comme une suite de phases de rêves agités allant de l’idylle au cauchemar. Le dispositif de cette pièce rappelle forcément la série de grands quintettes d’avant 1914 (Franck, Schmitt, Huré, le Flem, Fauré) mais traite le genre avec un sens de la forme très différent, dispersant ses thèmes fragmentés en un kaléidoscope d’idées fantasques, dont les chatoiements réclament autant d’écoutes avant d’en reconstituer la trame pourtant solidement tissée. Le Nocturne central ne quitte pas le domaine onirique, introduisant dans un paysage méditerranéen (les deux premiers mouvements furent écrits à Bormes les Mimosas) aux ruissellements de vagues mélangeant les inspirations celtiques et hispanisantes, des souvenirs de blues comparables à ceux qu’utilisera Ravel dans le deuxième mouvement de sa sonate pour violon. Le Finale surgit sur un puissant thème, noté Impérieux, énoncé par les cordes à l’unisson dans des rythmes impairs qui reprennent les bribes, les ruines a-t-on envie de dire, du Nocturne précédent, pour les transfigurer dans une suite de fragments de danses, qui empruntent autant à la valse qu’au café-concert, remugles d’un monde, pour Durosoir déjà lointain, qui tente d’oublier les drames sur lesquels il essaye de se reconstruire. Rêves passionnés, semés de troublant silences, éclairés, comme au soulagement du réveil, un matin très tôt, dans une chambre qu’on ne reconnait pas, par une courte coda en majeur qui dissipe les apparitions fantomatiques d’une nuit de fièvre.

[…] Excellent livret, illustrations à l’avenant, interprétation irréprochable : un disque qui vaut bien son prix, et en supplément, donne à réfléchir.

Lucien Durosoir (1878-1955), Jouvence, fantaisie pour violon principal et octuor (dir Renaud Dejardin) ; Caprice pour violoncelle et harpe ; Berceuse et Au vent des Landes pour flûte et piano ; Vitrail pour alto et piano ; Incantation bouddhique pour cor anglais et piano ; Quintette pour piano et cordes
Ensemble Calliopée : Sandrine Chatron, harpe ; Karine Lethiec, direction artistique et alto
Saskia Lethiec, Amaury Coeythaux, Elodie Michalakaros, violons ; Florent Audibert, violoncelle
Laurène Durantel, contrebasse ; Anne-Cécile Cuniot, flûte ; Vladimir Dubois, cor ; Frédéric Lagarde, piano
1CD Alpha 164. Enregistré à la ferme de Villefavard du 19 au 22 octobre 2009

http://classiqueinfo-disque.com/spip/spip.php?article1285

 

Colloque

Un compositeur moderne né romantique

Lucien Durosoir (1878-1955)

Palazzetto Bru Zane - Venise
Samedi 19 et dimanche 20 février 2011

Intervenants:
Lionel Pons université d’Aix Marseille

Charlotte Segond Genovesi, doctorante, université de Paris IV-Sorbonne
Francis Lippa, professeur et critique littéraire, Bordeaux
John Powell, université de Tulsa, Oklahoma USA
Ana Stefanovic, université de Belgrade
Isabelle Bretaudeau, université de Lyon
Yves Rassendren, université de Grenoble
Jean-Claire Vançon, université de Paris-Sud (C.F.M.I./Orsay)
Frédérick Martin, compositeur
Gabrielle Thierry, peintre, ingénieure spécialisée dans les sciences cognitives

Actualité musique et peinture

http://www.mgbook.com/communiqueverdundurosoir.pdf


Paysage de Verdun, vision contemporaine sur une musique de Lucien Durosoir
du 19 Juin au 5 septembre 2010 - Centre Mondial de la Paix

 

Paysage de Verdun, vision contemporaine - 100x65 cm - MGabrielle Thierry 2009

Dans le cadre des « 4 jours de Verdun», le Centre Mondial de la Paix présente l’oeuvre d'une artiste contemporaine, M.Gabrielle Thierry, intitulé «Paysage de Verdun, vision contemporaine », œuvre inspirée par la musique de Lucien Durosoir (1878-1955). Cette oeuvre, installée à l'issue de l'exposition « Les Peintres dans la Grande Guerre » vient faire un trait d'union entre le regard des peintres de la première guerre mondiale, et celui que peut porter un artiste d'aujourd'hui sur ce paysage.
En tant qu'artiste peintre, M.Gabrielle Thierry entreprend depuis plusieurs années une recherche sur l'interprétation de la nature et du paysage et leur musicalité. Elle retranscrit sur la toile non seulement le paysage tel qu'elle le voit mais aussi les rythmes et les musiques qu'elle ressent.
L’oeuvre proposée ici est la réalisation d'une peinture du champ de bataille de Verdun, dont la portée émotionnelle contemporaine est toujours aussi forte. C'est cette émotion que l'artiste a tenté de traduire , et pour cela, elle s'est inspirée de la musique composée par un musicien de la Grande Guerre.
Pour MG Thierry, les musiciens et compositeurs présents sur le front, ont intégré toutes les dimensions du conflit dans leur musique : les paysages dévastés, la mort, le souvenir, … et le renouveau de la vie.
A l'écoute des enregistrements disponibles […] et avec l'émotion ressentie face au paysage actuel du champ de bataille, MG Thierry a fait le choix de la « Sonate en la mineur », sonate pour violon et piano, composée en 1922 par Lucien Durosoir.

 

 

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Discographie

alphaproduction

Lucien DUROSOIR à l'affiche ..en.....

2012

9 mai Théâtre d'Avignon, Célimène Daudet, Guillaume Latour : Cinq Aquarelles
20 mai château du Lau, Samika Honda, Misako Osada : Cinq Aquarelles
1 juin Musée de la Grande Guerre à Meaux, ensemble Calliopée : poème alto, violon piano
5 juin l'Européen à Paris, Daniel Gardiole, piano : Aube sonate pour piano
23 juin à Nyons, Festival Lucien Durosoir, Célimène Daudet, Latour : Cinq Aquarelles
24 juin à Nyons, Festival Lucien Durosoir, Célimène Daudet, Guillaume Latour : Chant élégiaque, Prière à Marie
26 juillet à Saint Sever, Quatuor Diotima : Quatuor N°2
23 septembre à Perquie, Camille Seghers, Olivier Laville : Trilogie (Improvisation, Maiade, Divertissement) Violoncelle, piano
7 octobre, Bélus, Samika Honda, Emmanuel Christien : Sonate piano et violon
14 octobre, chapelle Saint Bernard à Paris, Aurélienne Brauner, Lorène de Ratuld : Trilogie, Caprice pour violoncelle et piano.
23 novembre, Grand salon des Invalides à Paris : Trio Hoboken, trio violon, violoncelle et piano
25 novembre à Huffholtz, quatuor N°1

2013

24 février 2013 à Biarritz : Trio Hoboken, trio violon, violoncelle et piano
30 juillet 2013 à Amou : Trio Hoboken, trio violon, violoncelle et piano

 

2013 ....mise à jour prochaine

 


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  Discographie

 

Lucien Durosoir

...................Ecouter la Berceuse..I-.Musique pour violon & piano .....

Geneviève LAURENCEAU

Lorène de RATULD

Ce disque est destiné à faire connaître l'œuvre du compositeur Lucien Durosoir qui dès la fin de la Grande Guerre, se retira dans un village des Landes pour y composer une œuvre qu'il ne fit jamais imprimer. Les interprètes, Geneviève Laurenceau au violon et Lorène de Ratuld au piano, dévoilent ces pièces auxquelles elles prêtent l'intelligence d'une lecture sans modèle, respectueuse de l'esprit et de la lettre.

On découvre une musique fortement personnelle, enchaînant lyrisme et tendresse, enjouement et humour, humeur ombrageuse et expression tragique.

 

II- Quatuors à cordes N°1, Fa mineur (1919). N°2, Ré mineur (1922). N°3, Si mineur (1934)

QUATUOR DIOTIMA.

Naaman Sluchin violon 1&2, Yun-Peng Zhao violon 1&2,

Franck Chevalier alto, Pierre Morlet violoncelle

http://www.lalibre.be/culture/musique/article/513054/quatuors-a-cordes-et-diotima-lucien-durosoir.html

Quatuors à cordes et Diotima Lucien Durosoir (MDM)

Mis en ligne le 01/07/2009

Rencontrer le violoniste Lucien Durosoir (1878-1955) à travers sa correspondance de guerre (Deux Musiciens dans la Grande Guerre - Tallandier) et le retrouver dans trois chefs -d’œuvre inconnus, c’est un choc. D’un côté, l’horreur "ordinaire" des tranchées, racontée au quotidien 4 années durant; de l’autre, des œuvres écrites entre 1919 et 1934, inspirées par l’épreuve mais savantes et fortes, magnifiquement révélées par le Quatuor Diotima. Française par sa rhétoriques, cette musique évoque aussi Chostakovitch par son âpreté, sa complexité, ses alternances de révolte et de résignation poignante, sa liberté.

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Extraits de Presse

[…]Durosoir is a name to reckon with Gramophone
.
« Ces quatuors […] méritent réellement le détour. La liberté des lignes, de l'harmonie, échappe de façon étonnante aux univers français de cette période, à Debussy et Ravel autant qu'aux néoclassiques. On croirait retrouver le souffle infini de Chostakovitch, surtout quand Lucien Durosoir se fait sombre, lent et chromatique […]. Certains pourraient aussi entendre l'influence d'un Chausson, celui du Poème ou du Concert. Surtout on reconnaît là un maître, dès le Premier Quatuor, dans cette façon de construire des mouvements aux types d'écriture bien contrastés, comprenant notamment un scherzo vraiment original et un finale brillantissime. Le départ du Troisième Quatuor est digne de Stravinsky, son second mouvement, avec ses glissades, de Bartók et. encore de Chostakovitch. Tout cela est presque désespérant; comment se fait-il qu'on en soit. encore à ne parler, pour cette période de notre histoire, que de Ravel et des amusantes tentatives du groupe des Six? Durosoir doit absolument être redécouvert. » (Jacques Amblard Le Monde de la musique, Juillet 2008)

« […] On a l'impression d'entendre ici, quarante ans avant, les prémices des grandes oeuvres de Chostakovitch. Les mouvements lents des Quatuors n° 1 et 2, notamment, sont une plongée abyssale dans la noirceur du monde. […] Les flottements harmoniques, les frottements aussi, une sorte "d'incertitude du lendemain" (dans le sens où on ne peut pas deviner la phrase ou la note qui va suivre) sont les caractéristiques de ces partitions.
Ce n'est pas le chemin de la facilité […]. Ses compositions reposent sur une image sonore rude due à la trituration du matériau musical et à "l'indépendance dans la fusion" qu'il exige de la part de ses musiciens. Aux auditeurs, maintenant, de graver les pentes escarpées de ce massif d'une imposante exigence. » Christophe Huss (www.ClassicTodays)

« […] Ces pièces sont si intensément concentrées que pas une note n’est inutile; tout ce qu’il écrit a du sens, […] avec rien de superflu. Je ne dis pas que ces pièces donnent cette espèce de gratification immédiate voire même cet amour que suscitent les quatuors des ‘impressionnistes’ ; mais, avec le temps et plusieurs écoutes, il y a quantité de chose qui séduisent vos émotions et qui font que vous revenez encore et encore à ces œuvres, et que vous y trouvez à chaque fois des choses nouvelles. » (Steven Ritter, original en anglais, Audiophile : www. audaud.com.)

« La musique de Durosoir est en effet marquée par une très grande science formelle […]. Comme dans les quatuors de Beethoven, la science la plus aboutie ne tombe jamais dans le formalisme pédant […] les développements ne sont jamais ennuyeux car toujours imprévisibles. Durosoir a un sens aigu de la dramatisation du discours. Il se passe sans cesse quelque chose de neuf dans sa musique. Il n'est donc pas exagéré de considérer ces trois quatuors comme les plus réussis de leur époque. Jacques Bonnaure, Classica répertoire

« Une écriture, en somme, […] atypique et originale, que le Quatuor Diotima interprète en soulignant l’étrange modernité de ses composantes timbriques et rythmiques. » (Pedro Burzaco, original en espagnol, Diverdi)

Voir la suite des critiques dans le rubrique "LU DANS LA PRESSE"

 

 

 

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Prix Musiciens entre Guerre et Paix

 

Le prix 2011 Musiciens entre Guerre et Paix décerné par les professeurs de l'Académie internationale Maurice Ravel à Saint Jean de Luz a été attribué au duo constitué de Samika Honda violon, Misako Osada piano.


 

 
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Paroles et musique

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Geneviève Laurenceau, violon

Lorène de Ratuld, piano

Mario Hacquard, récitant

Paroles et musique…une histoire de l'humanité.


Les mots et la musique se sont aimés dès l'aube des civilisations. À travers le monde, des femmes ont toujours fredonné des paroles douces et naïves pour endormir leur enfant - à travers le monde, les hommes ont accompagné leurs combats de chants entraînants - à travers le monde, les chants funèbres ont lancé vers le ciel cette dernière musique d'une vie que le mourant n'entend déjà plus.

Ainsi, l'histoire de la berceuse, du chant de guerre et de la prière des mourants se confond avec celle de l'être humain, traçant un chemin musical de sa naissance à sa mort.


Les créateurs ont inventé milles manières de célébrer l'amour des mots pour la musique et de la musique pour les mots : chanson, mélodie, cantate, prière, motet, messe, opéra, la liste est longue, jamais close, toujours nourrie de nouvelles imaginations, de nouveaux fantasmes sonores et poétiques, de nouveaux désirs de beauté.


"Un violon dans la Grande Guerre" est un spectacle qui marie à sa manière les mots et la musique : pas une musique qui porte les mots ; pas des mots " mis en musique ". Le soldat Lucien Durosoir écrit à sa mère ; il est musicien. Les musiques qui chantent dans sa tête et qu'il mettra sur le papier plus tard, une fois la paix revenue, résonnent ici, par la voix du violon et du piano. La musique et les mots cheminent côte à côte et, chemin faisant, s'interpénètrent et démultiplient le sens.

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wikipediaLucien DUROSOIR
Maurice MARECHAL wikipedia

Deux musiciens dans la Grande Guerre lu dans la presse

Tallandier éditeur

En 1998, Paroles de poilus avait révélé la vibration de l'âme de ces combattants de 14-18 que furent nos pères, nos grands-pères, nos arrière grands-père lorsqu'ils prenaient la plume pour exprimer leurs frayeurs, leur désespoir, leur état d'âme....Parmi eux, Maurice Maréchal, le plus grand violoncelliste de la première moitié du XXe siècle, qui dans le présent recueil, unit sa voix à celle de son ami le violoniste Lucien Durosoir.

Ces deux virtuoses, plongés au coeur des plus grandes tueries de la Première Guerre mondiale, auraient pu être poètes, peintres ou écrivains. Ils ont l'âme à fleur de peau. C'est tout l'intérêt des lettres de Durosoir à sa mère comme celui des carnets intimes de Maréchal.

La boue, les rats, le froid, les gaz, la peur, la bêtise humaine, la camaraderie aussi.....Ces deux textes, dont chacun suffirait à tout révéler, entrent dans une puissante synergie parce que leurs auteurs firent cette guerre ensemble, la vécurent dans une proximité quotidienne, rejoignant entre deux assauts le quatuor créé par le général Mangin. Pendant que le canon continuait à répandre sur les tranchées sa mélodie funèbre.

 

 

 

varia:ouvrages parus chez d’autres éditeurs 

 

Musiciens entre Guerre et Paix élu "Site du mois" par Histoweb

Jean-Pierre GUENO, Paroles de Verdun.

Alain LAMBERT, Maurice Maréchal. La voix du violoncelle. Genève, Editions Papillon, 7e note, 2003

Pierre GIRAUD, Paul Loyonnet (1889-1988). Un pianiste et son temps. Paris, Champion, 2003

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